Les parents, éducateurs de guerre - דעת - לימודי יהדות באור החסידות

Les parents, éducateurs de guerre

Dès la sortie du ventre de sa mère, l’enfant est exposé à un monde de défis, où il devra lutter. Sur le verset « Car le penchant du cœur de l’Homme est mauvais dès sa jeunesse », les Sages précisent: « Dès l’instant où il s’est remué pour sortir du ventre de sa mère ». C’est alors que commence […]
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Les parents, éducateurs de guerre

Dès la sortie du ventre de sa mère, l’enfant est exposé à un monde de défis, où il devra lutter. Sur le verset « Car le penchant du cœur de l’Homme est mauvais dès sa jeunesse », les Sages précisent: « Dès l’instant où il s’est remué pour sortir du ventre de sa mère ». C’est alors que commence la croissance du mauvais penchant, de forces destructives qui se trouvent en l’Homme. Le rôle de l’Homme est de révéler les forces du bien qui sont en lui. Celui des parents est de diriger leurs enfants vers le droit chemin et de les aider à surmonter les défis de la vie. Les éduquer.

Selon les cours du Rav Its’hak Arad

 

Les parents, éducateurs de guerre

Dès la sortie du ventre de sa mère, l’enfant est exposé à un monde de défis, où il devra lutter. Sur le verset « Car le penchant du cœur de l’Homme est mauvais dès sa jeunesse », les Sages précisent: « Dès l’instant où il s’est remué pour sortir du ventre de sa mère ». C’est alors que commence la croissance du mauvais penchant, de forces destructives qui se trouvent en l’Homme. Le rôle de l’Homme est de révéler les forces du bien qui sont en lui. Celui des parents est de diriger leurs enfants vers le droit chemin et de les aider à surmonter les défis de la vie. Les éduquer.

Penser que par amour infini pour son enfant on ne doit se mêler d’aucune de ses affaires est une grave erreur. Au contraire, l’enfant attend de ses parents qu’ils le guident, qu’ils soient présents et l’aident à décider juste face aux obstacles de la vie. Même la rigueur qu’il faut parfois employer envers son enfant ne doit pas provenir du fait que j’aie été humilié et veux maintenant éduquer, mais seulement du fait que je l’aime et veuille son bien.

La vraie parentalité est l’éducation sans attente de retour. Les parents sont ceux qui donnent aux enfants. C’est pourquoi attendre un retour de la part des enfants n’est pas correct. Les Sages disent : « De tout homme il est jaloux, sauf de son fils. » À la jalousie s’ajoute la haine du fait que l’autre ait ce que je n’ai pas. Chez les enfants, ça ne peut pas être. Si un parent aime ses enfants sans conditions et que seul leur bien lui importe, leur réussite est aussi la sienne.

 

Punir, pas par colère

Lorsqu’un parent punit son enfant, ça doit venir seulement d’une volonté de lui faire du bien et par amour pour lui. Si la punition vient à la suite d’une colère contre l’enfant, car le parent se sent blessé, ça entraînera le développement d’un rapport de « combat » entre les deux partis.

Le Rambam (Maimonide) écrit dans les  Lois relatives aux dispositions et à la conduite morales (chapitre 2, loi 3): « Ainsi la colère est-elle un très mauvais trait, et l’homme devrait s’en éloigner jusqu’à l’autre extrême, apprendre à ne pas s’énerver, même contre des choses desquelles il devrait s’énerver. Et s’il veut amener la crainte à ses enfants et aux membres de sa famille, ou à la communauté – s’il est de son rôle de le faire pour les ramener au bien, il se fera voir comme s’il colérait pour les toucher et sera serein en lui-même, comme un homme qui fait croire qu’il colère en un moment correspondant et ne colère pas [réellement] ».

Ce comportement est bon pour tout homme. Pour des parents, c’est une conduite parentale. Il est interdit de s’énerver pour de vrai sur les enfants.

 

La critique du parent sur son travail d’éducation

Un autre principe important pour le parent est celui de l’auto-examen: comment est  son attitude envers son enfant, en général, et particulièrement lors d’une punition. Est-ce que l’éducation qu’il donne est juste – provient de cet endroit pur où l’enfant fait partie de lui et il agit seulement pour son bien, ou est-ce que des facteurs extérieurs entrent en compte?

 

La gauche repousse, la droite rapproche

Dans l’éducation des enfants, il existe deux situations, toutes deux nécessaires, dans les bonnes proportions. La droite rapproche, et la gauche repousse.

La Gauche, c’est la limitation. Sans limites, l’enfant est perdu face aux obstacles de la vie, car personne ne le dirige quant à ce qui est positif et ce qui est négatif.

La Droite réfère au fait de donner et à la proximité. Tous les encouragements et le support qu’on amène à nos enfants en font partie. Grâce à une « conduite de droite », l’enfant sent qu’il a de la valeur, des capacités, et connait le bien qui est en lui. Elle raffermit les forces d’action de l’enfant. Pour exemple, un enfant qui a réussi un examen et en a été complimenté, voudra réussir encore plus.

Ceci est la Droite dévoilée. Mais il existe aussi « la droite du Keter » (littéralement « Couronne », la plus haute sphère céleste), l’Amour inconditionnel. Le rôle de cet Amour est de donner à l’enfant un sentiment d’appartenance et de valeur, quels que soient son comportement et ses actions, sans condition.

 

L’essence de la Gauche, limitation

Pour mieux comprendre l’essence de la limitation et son rôle dans l’éducation des enfants, approfondissons le concept de limitation.

De premier abord, la pose de limites a l’air de ne rien apporter de bon: elle renferme l’enfant, le contraint; alors qu’il veut s’exprimer, se développer, une force l’arrête. Si c’est le cas, à quoi cela sert-il ?

Pour une meilleure compréhension, voyons la citation suivante de la Kabbale sur ce qu’est la Guevoura (rigueur): « La contraction crée le vide du réceptacle ». En d’autres termes, la limitation permet au réceptacle de recevoir de l’extérieur, des autres. Si quelqu’un d’extérieur à moi me pose des limites, je sais qu’il y a quelqu’un d’autre que moi. À ce moment-là, je saurais aussi recevoir de l’autre, et le respecter. C’est ainsi que les enfants respectent leurs parents.

La Guevoura a aussi un autre rôle important: elle rend l’enfant responsable de ses actes. Il y a des choses permises, bonnes, et il y a des choses interdites. Et plus généralement, il y a d’autres personnes autour de moi.

 

La bonté avant la rigueur

Dans la conduite à avoir, les actes de bonté doivent précéder les actes de rigueur. La droite rapproche d’abord, puis la gauche repousse.

Comme on l’a expliqué plus haut, le rôle du ‘Hessed (bonté) est de dévoiler la personne à qui l’on donne, l’aider à afficher au jour son identité et ses capacités. L’on ne peut commencer à limiter quelqu’un lorsqu’il n’y a encore personne. De là on apprend que tout acte de rigueur ou toute limitation doit se faire sur une base de bonté. De façon pratique, il est recommandé avant toute pose de limite ou punition d’augmenter la bonté, compliments etc.

En résumé, le ‘Hessed construit le réceptacle lui-même, et la Guevoura l’espace qui lui permet de recevoir.

 

Principes d’utilisation de la Guevoura

L’emploi de trop de ‘Hessed fait beaucoup moins de dommages que celui de trop de Guevoura. C’est pourquoi il est important de garder à cœur les principes fondamentaux suivants:

  1. L’intention du parent ne doit jamais être de se venger ou quelque chose comme ça, mais seulement de faire du bien à son enfant.
  2. L’on n’utilise jamais la Guevoura (rigueur) lorsqu’on est chaud ou en colère, mais seulement de façon calme et réfléchie.
  3. Il faut chercher et trouver l’avantage de la punition, pourquoi en faire l’usage.
  4. En conséquence de cela, un comportement de Guevoura par habitude est totalement inadéquat. La Guevoura en perdrait son côté positif.
  5. Plus la façon de faire preuve de Guevoura sera indirecte, plus elle sera fructueuse.
  6. Même lorsqu’un parent punit son enfant, doit se faire sentir le fait que c’est dur pour lui et qu’il n’a pas envie de cette punition (qu’il n’y prend pas plaisir a fortiori), mais que seul le bien de l’enfant lui importe.
  7. Même les réprimandes et ce qui y ressemble doivent se faire dans le respect de l’enfant, sans lui faire honte ou lui causer du tort. Le faire de façon discrète, indirecte etc.

Le respect de ces règles fera fleurir l’éducation de nos enfants, et non le contraire, que D.ieu préserve.

 

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