nous sommes assez désespérés - דעת - לימודי יהדות באור החסידות

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nous sommes assez désespérés

Nom du Rabbin: RABBANIMS DU SITE
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Je voudrais prendre conseil auprès du Rav afin de faire de l’ordre dans mes pensées et afin de mieux comprendre également comment ne pas tomber dans la même erreur qui revient à chaque fois. Il arrive très souvent que moi et ma femme commençons une conversation, et alors que la conversation a commencé dans une bonne ambiance et sans aucune arrière pensée, pratiquement à chaque fois, nous nous retrouvons, après quelques minutes au milieu d’une dispute, sans nous en rendre compte. Bien souvent nous nous demandons, après coup, comment en sommes nous arrivés là. Il arrive même parfois que nous riions de cette situation, mais la vérité est que nous sommes assez désespérés, car nous avons l’impression que nous n’arrivons pas à discuter. J’aimerai que le Rav m’aide à comprendre ce qui nous arrive. Est ce que cela est normal et que faut il faire ? Merci

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Ce que vous décrivez est normal et se produit lorqu’on ne fait pas attention à différencier entre différents styles de conversations. De façon classique nous pensons que converser correspond à exprimer ce que nous ressentons, désirons ou pensons. Mais en fait il est important de faire la part entre trois styles de conversations. A chaque style son but et sa nature. Commencer une conversation après réflexion n’ôte en rien le côté naturel de notre relation, au contraire cela nous aidera à converser de façon beaucoup plus sereine et effective, sans que cela n’aboutisse à des disputes ou tension.
Le premier style de conversation est la conversation dont le but est de se rapprocher, se sentir bien ensemble. Ces conversations sont des conversations dans lesquelles nous redoublons de compliments, expressions de langouement, d’amour. On exprime le bonheur et la chance que nous ressentons à vivre ensemble et partager notre vie. Ces conversations se feront régulièrement, dans une ambiance de détente et de confort. Il faut avant de s’y engager, se libérer de toute pression, question importante ou affaire à régler.
Il est bénéfique de fixer un moment fixe hebdomadaire à cet instant, qui sera alors prévu, attendu. L’idée que nous arrivons à ce moment sera alors en soi source de tranquillité. Il est important de ne pas annuler, repousser ou remplacer ces moments, même si surviennent des imprévus. Tout comme un point à régler ne se fera pas sur l’heure de sport ou de repos, etc.
Il est primordial de ne mélanger aucun autre contenu à ces conversations. En effet, ce style de conversation n’est pas de faire le point, répondre à des questions ou résoudre des problèmes. Il est important de se promettre à l’avance de ne pas tomber dans ce deuxième style. Avec le temps on s’habituera, jusqu’à attendre ces moments là. Nous verrons alors que nous ne serons pas intéressés du tout à mélanger les sujets, mais plutôt à protéger ce moment de ressource.

Chose supplémentaire qui nous aidera à ne pas tomber dans les «règlements de compte » est de savoir que nous réservons des moments spécifiques au deuxième genre de conversation.
Le deuxième style de conversation est celui de conversations dont le but est de faire de l’ordre, de régler certains soucis, ou encore exprimer nos problèmes, nos besoins, nos souhaits, nos attentes. Ce genre de conversation n’est pas moins important que le premier. Au contraire, lorsqu’on saura que nous avons installé ce moment fixe, nous ne chercherons pas à infiltrer des sujets de tension dans des moments de qualité.
Cela s’appelle faire de l’ordre entre les différents genres de conversations. Ici encore, il est important d’avoir une heure fixe à un jour fixe, dédiée à ces échanges. Ainsi nous serons sereins de savoir que tout se règle. Les moments de conversations de rapprochement seront alors encore plus détendus. Nous expliquerons lors d’une autre occasion, exactement la façon de mener ce genre de conversation.
Apparemment lorsque vous commencez une conversation de détente, vous éprouvez que ce bon moment est une belle occasion de faire passer des messages un peu moins agréables. Mais seulement cela ne provoque que tension jusqu’à déboucher sur une dispute. La chose à comprendre est que ce n’était pas le bon moment et qu’il ne faut pas mélanger les sujets de conversations.

Le point commun de ces deux genres de discussion que nous venons d’évoquer est que l’interlocuteur parle en fait de lui-même et se sent donc entité séparée de son conjoint.
De par la demande et l’attente l’accent est mis sur ce qui me manque et demande à être comblé.
De même, lorsque l’on exprime son amour pour l’autre, l’accent est mis sur notre ressenti positif : l’amour que l’on porte et que l’on ressent. Comme le dit si bien la Hassidout : il faut exister pour aimer.

Il existe une troisième forme de communication, à travers laquelle l’on s’élève à un autre niveau. A travers elle le « moi » privé de chacun se confond en une entité unique.
Ce qui ressort de ce genre de conversation est le fait que nous sommes une seule et même personne, que nous sommes ensemble.
Ma propre personne est mise de côté, le monde de mon conjoint m’est très important, car mon conjoint est en fait moi même.
Les paroles prononcées dans ces conversations mettent en valeur le lien qui unit le couple ainsi que la beauté de l’identification existante entre les deux : « Nous sommes ensemble pour la vie », « Tu es ma moitié », « Je ressens et suis concerné par ce que tu ressens », « Je suis heureuse lorsque tu es heureux ».
Ces phrases mettent en valeur la foi de base de notre couple : le fait que nous soyons ensemble, non parce que l’on s’est choisis, mais car nous sommes une seule et même âme.
Lorsque l’on dévoile cette dimension, les conversations s’appliquent alors à comprendre ce que le second ressent, le monde qui l’habite. Chacun essaye alors de bien écouter et de s’identifier à son conjoint.
Lorsque l’un prend la parole, le second se doit d’écouter attentivement et s’identifier à lui.

Le but n’est alors pas de donner des conseils ou d’amener des solutions, mais de montrer que l’on comprend et s’identifie. De façon naturelle, après avoir écouté attentivement, l’on peut émettre des idées, des encouragements, mais l’identification n’en reste pas moins primordiale.


L’art de la vraie écoute implique que lorsque l’un des deux exprime une difficulté, une douleur ou une honte, le second se sente également impliqué.
Se projetant dans la même situation il sera capable de comprendre ce qu’il aurait ressenti s’il avait été à la place de son conjoint. Même s’il ne peut rien faire, l’identification et la solidarité joueront un rôle primordial.
Celui qui prend la parole doit également apprendre de quelle façon le faire : en effet l’accent ne sera pas mis sur l’attente que l’on pourrait avoir envers l’autre, mais bien sur le propre ressenti lui-même, ce qu’il se passe en nous, ce qui nous est important, etc.
Le couple se doit de fixer des moments réguliers au cours desquels il entretiendra des discussions d’approfondissement de la connaissance de l’autre ainsi que d’identification. Ces conversations approfondissent les liens qui tissent la toile de l’harmonie du couple.
Bien souvent ce troisième de type e conversation n’est pas connu. Cette identification ne trouve alors jamais l’occasion de s’exprimer alors qu’elle est un pilier essentiel de la construction de couple.

Si vous vous appliquez à bien respecter et différencier les trois types de conversations je suis certain que vous ne vous disputerez plus et verrez beaucoup de lumière, jusqu’à voir se réaliser la Braha : « S’ils sont méritants la présence Divine réside en eux ».

























Sources

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