Catégorie: 

Nom du Rabbin:

QUELLE EST LA SOURCE DE LA PRONONCIATION DU KADICHE POUR L’ELEVATION DE L’AME D’UN PROCHE ?
Le Minhag précité ne figure ni dans le Talmud, ni même dans les écrits du Rif, du Rambam ou du Roch. Le Beth Yossef1 rapporte très brièvement un Midrache cité par le Kol-Bo, source du Minhag de prononcer le Kadiche et la Haftara dans “l’année” de ses parents (D.ieu en préserve !).
Citons ce Midrache, tel qu’il est rapporté par le “Ma’hzor Vitry”2 :
Rabbi ‘Akiva traversait un cimetière. Il y rencontra un homme dévêtu, noir comme le charbon, un fardeau d’épines sur la tête, qui courrait tel un cheval. Rabbi ‘Akiva lui ordonna de s’arrêter (…). Il lui demanda : que fais-tu ? (…) l’homme lui répondit, je suis mort, et l’on m’envoie chaque jour abattre des arbres (…) en punition de mes actes : j’étais de mon vivant précepteur d’impôts, et je favorisais les riches au détriment des pauvres (…). Mes “supérieurs” en enfer, dirent un jour que si j’avais un fils qui “prononçait “Barekhou” (…) ou “Yithgadal” (…) et que l’assemblée y réponde, on me libèrerait immédiatement (…). Cet homme (nommé lui aussi ‘Akiva), étant mort sans enfant, laissant sa femme enceinte (…), Rabbi ‘Akiva rechercha les traces de sa famille (…). Il trouva le fils, incirconcis (…). Rabbi ‘Akiva dût jeûner 40 jours pour que le fils accepte d’étudier la Torah. Il lui enseigna aussi le Chema’ et le Birkath Hamazone. Après que Rabbi ‘Akiva réussit à lui faire prononcer “Barekhou” (…) en public, le père, libéré, apparût en rêve à Rabbi ‘Akiva, pour le remercier du bien qu’il lui fit.
Dans la version du Zohar ‘Hadach3, le nom de Rabbi ‘Akiva n’apparaît pas ; le fils libéra le père par le mérite de la lecture de la Haftara. L’enfant devint de plus un érudit. D’après le Zohar ‘Hadach Routh4, il s’agit du Tana Rabbi Na’houm Hapakoli ! Le Rivach5 précise que ce Midrache est la source du Minhag de prononcer le Kadiche et la Haftara, ainsi que ‘Arvit de Motsaé Chabbath, durant “l’année” de ses parents.
Le Rama6 rapporte les paroles du Rivach, ainsi que le Minhag de prononcer le Kadiche et d’être Chalia’h Tsibour le jour du Yortsaït de l’un de ses parents7.
_________________________________
1. Yorè Déa’, 376.
2. Élève de Rachi – première partie – 144, 1923, p. 112.
3. Zohar ‘Hadach A’haré Moth 59b, dans l’édition de Matok Midvache.
4. Zohar ‘Hadach Routh103a.
5. Responsa 115.
6. Yorè Déa’ 376, 4.
7. Voir encore : Cha’ar Hakavanoth, Derouch Hakadiche, p. 15b ; ‘Hanokh Lana’ar du Rabbi Harachab, p. 32.

Sources