POURQUOI SE LAVE-T-ON LES MAINS AU REVEIL ?
Le Talmud, traité de Berakhoth1, détaille les bénédictions à prononcer le matin, au lever. Entre autres, on trouve : “lorsqu’on se lave les mains, on prononce : Baroukh… ‘Al Netilath Yadayim”. Le Talmud ne s’attarde cependant pas sur les raisons de cette “Netila”.
Trois raisons principales sont évoquées dans les livres :
1) Un esprit malfaisant : Nos lecteurs un peu rationnels (s’il y en a encore) seront peut-être surpris par ce qui suit : le Zohar, Parachath Vayéchev2 rapporte qu’un esprit impur repose la nuit sur le corps, durant le sommeil. Lorsque l’âme revient, au réveil, cette impureté disparaît, mais elle réside encore sur les mains, jusqu’à leur ablution à l’aide d’un récipient et d’une bassine. Le Talmud, traité de Chabbath3 fait lui aussi mention d’un esprit malfaisant en fonction jusqu’à “Netilath Yadayim 3 fois”.
2) La saleté des mains, la nuit, et la nécessité de leur propreté pour la lecture du Chema’ et pour la Tefila : Le Roch4 explique que la nuit, les mains risquent de toucher les parties du corps impropres ; la prononciation, le matin, du Chema’ et de la Tefila, nécessitera par conséquent leur ablution. Notons que, d’après cet avis, le rinçage des mains ne nécessiterait pas nécessairement de récipient5.
3) À l’exemple du Cohen se purifiant avant le Travail Divin : le Rachba6, enfin, fait remarquer que l’habitude est de ne pas se suffire d’un simple rinçage des mains, mais d’utiliser un ustensile et d’être scrupuleux sur un grand nombre de détails. Il explique ainsi cette “Netila” : nous sommes le matin dans le devoir de remercier D.ieu nous ayant pour ainsi dire rendu la vie. C’est pourquoi il nous faudra réciter un certain nombre de bénédictions, et nous sanctifier par l’ablution des mains, tel un Cohen, au Beth Hamikdache, avant le service Divin.
Les différentes raisons qui précèdent sont rapportées par les décisionnaires7. En pratique, on appliquera les différentes “’Houmroth” découlant de tous ces avis.
_________________________________
1. Berakhoth 60b.
2. Zohar I 184b – voir aussi Beth Yossef Ora’h ‘Hayim Simane 4.
3. Chabbath 108b, 109a.
4. Roch Berakhoth 9, 23 – sur le passage précité.
5. Beth Yossef.
6. Responsa du Rachba Vol. 1, 191.
7. Choul’hane ‘Aroukh Admour Mahadoura Kama 4, 1-4 ; Mahadoura Bathra 4, 1 ; Michna Beroura 4, 1 et 8.