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PEUT-ON S’INTERROMPRE ENTRE LA “NETILATH YADAYIM” ET LE “MOTSI” ?
Le Talmud1 stipule : “la bénédiction doit suivre immédiatement l’ablution des mains”. D’après la plupart des décisionnaires2, il s’agit ici du Birkath Hamazone, qui doit suivre les “Mayim A’haronim” (l’ablution d’après le repas) sans délai.
Pour le Talmud de Jérusalem (qui, lui aussi, cite cette injonction)3, cependant, la bénédiction allusionnée ici est le Motsi, qui devra suivre immédiatement l’ablution des mains. Cet avis est rapporté dans le Choul’hane ‘Aroukh4, en ces termes : il est bon de ne pas s’interrompre entre la “Netilath Yadayim” et le Motsi. Ce à quoi rajoute le Rama : on appelle interruption un laps de temps supérieur à celui que nécessite le parcours de 22 coudées (11 m).
Notons toutefois que le temps nécessaire à l’essuyage des mains et au parcours du robinet à la table n’est pas compris dans ce laps de temps5.
Par ailleurs, on ne s’interrompra pas même moins que ça, sans raison valable6. Plusieurs personnes rassemblées ensemble pourront s’attendre l’une l’autre ; il est désirable que la personne prononçant le Motsi se lave alors les mains la dernière7.
Un autre sujet intéressa les décisionnaires : peut-on accomplir, entre la Netilath Yadayim et le Motsi, une action sans rapport avec le Motsi ?
D’après le Maguen Avraham8, toute action pouvant détourner notre attention du Motsi sera alors prohibée (et en vertu d’un autre passage du Talmud9, non ambigu cette fois). Le Ben Ich ‘Haï10, pousse même cette injonction au point d’interdire alors de regarder sa montre !11.
Peut-on parler entre la Netilath Yadayim et le Motsi ? D’après le Ba’al Hatanya12 (Idem), on pourra prononcer alors deux ou trois mots sans rapport avec la “Se’ouda” (le repas), tels “oui”, “non”, etc. D’après le Michna Beroura13, même cela est défendu.
Notons que tout ce qui précède est a priori. A posteriori, tant qu’il n’y a pas à craindre que ses mains se soient souillées avant le Mots, on ne les relavera pas.
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1. Berakhoth 42a.
2. Rachi, Tossafoth, Rambam….
3. Berakhoth 6a.
4. Ora’h ‘Hayim 166.
5. Choul’hane ‘Aroukh Admour 166.
6. Choul’hane ‘Aroukh Admour 166 ; Michna Beroura 166, 5.
7. Voir Maguen Avraham 166, 2.
8. Et le Ba’al Hatanya, Choul’hane ‘Aroukh Admour 166.
9. Berakhoth 52b.
10. Ben Ich ‘Haï, Parachath Èmor, 2.
11. Voir toutefois Bayith ‘Hadach 166 et Yalkout Yossef vol. 3, p. 99-100, dont les avis diffèrent de celui du Maguen Avraham.
12. Choul’hane ‘Aroukh Admour Idem.
13. Michna Beroura 166, 2.

Sources