PEUT-ON INVITER CHEZ SOI UN NON-JUIF POUR UN REPAS DE YOM-TOV ?
La Torah, Parachath Bo1, après avoir exprimé l’interdiction de travailler les jours de “Yom Tov”, rajoute : “(…) toutefois, vous pourrez, pour votre propre usage, faire ce qui sert à la nourriture”.
Nous n’allons pas détailler ici les travaux permis envisagés par ce verset, mais plutôt rapporter un enseignement de nos maîtres2 : “Rabbi ‘Akiva dit : “pour votre usage” (“Lakhem”) : et non pour l’usage d’un non-Juif”. En d’autres termes, on ne pourra cuisiner lors de Yom-Tov (même de façon autorisée, lorsqu’il s’agit d’un Juif), pour un non-juif. Cette interdiction est d’ordre Toranique3.
Nos Sages, de peur que l’on n’en vienne à cuisiner un mets spécialement pour un non-juif, rajoutèrent une seconde interdiction4 : “Rabbi Yehochoua’ ben Lévi dit : on peut inviter un non-juif le Chabbath, mais non un jour de fête (Yom Tov), de peur d’en arriver à cuisiner pour lui”. Il exige cependant certaines restrictions à cette interdiction : on pourra inviter à sa table son esclave ou sa servante, ainsi qu’un émissaire non-juif arrivé ce jour-là5. On ne craint pas en effet la préparation spéciale d’un mets pour ses hôtes. De plus, si le non-juif vient de lui-même, sans avoir reçu d’invitation, on pourra là-aussi le faire asseoir à sa table6. On ne pourra cependant pas le prier de manger7-8.
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1. Chemoth 12:16.
2. Bétsa 21b.
3. Ora’h ‘Hayim 512 – Béour Halakha à l’en-tête “Ein Mevachlin”.
4. Bétsa idem.
5. Roch ; Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Hayim 512, 1.
6. Choul’hane ‘Aroukh idem, d’après le Rambam.
7. Choul’hane ‘Aroukh Admour 512, 2 et Michna Beroura 512, 10 – d’après le Taz.
8. Voir encore : Rav Pe’alim Vol. 2, 57 ; Igueroth Moché p. 216 ; Beer Moché Vol. 1, p. 22.