Catégorie: 

Nom du Rabbin:

PEUT-ON DONNER DE LA TSEDAKA LA NUIT ?
Rabbi Ya’akov Tsèma’h, élève du Ari-Zal, écrit dans son livre “Naguid Metsavè” : “la nuit n’est pas un temps apte à la Tsedaka”. On retrouve cette idée dans le “Cha’ar Hakavanoth de Rabbi ‘Hayim Vital. On peut en effet y lire, dans “’Iniane Tefilath Min’ha”1 : “le moment le plus propice à la Tsedaka est le matin, dans ‛Vayevarekh David’ ; l’heure de Min’ha, elle, correspond à un moment de ‛Dinim’, la Tsedaka est alors moins une obligation, notre maître (Ari-Zal) donnait cependant trois ‛Peroutoth’, même avant Min’ha, comme pour le matin” ; alors que dans “’Iniane Tefilath ‘Arvith”2, il écrit : “In n’est pas nécessaire de donner de la Tsedaka avant la Tefila de ‘Arvith”.
Dans le Sidour de Rabbi Chabtaï de Rachkov, on trouve enfin : “on ne donnera pas de Tsedaka lors de ‘Arvith, car la nuit, les Dinim se renforcent, et l’on craint les ‛forces extérieures’”.
Le Rabbi, dans les Igueroth Kodèche3 explique qu’il ne s’agit pas de refuser de donner de la Tsedaka à quiconque quémandera. Ceci est en effet, formellement prohibé4. L’idée est uniquement de ne pas rechercher de pauvre, la nuit, pour accomplir la Mitsva de Tsedaka5. Le Rabbi émet encore que l’on pourra aussi sans problème mettre de la Tsedaka la nuit, dans une boite, ceci n’étant pas considéré comme un don à la Tsedaka la nuit6.
De façon semblable, le Ya’avets écrit, dans son Sidour7 que l’injonction du Ari-Zal consiste uniquement à ne pas mettre autant de zèle à la Mitsva de Tsedaka la nuit que le jour8.
_________________________________
1. Derouch Beth, p. 52a.
2. Derouch Alef, p. 52b.
3. Vol. 2, p. 152-4.
4. Voir Choul’hane ‘Aroukh Yorè Dé’a 247, 1.
5. Le Chèmen Sassone, Vol. 3, p. 64, émet la même idée.
6. Cha’aré Tsedaka p. 139.
7. Tefilath ‘Arvith, p. 468.
8. Voir encore : Avoth de R. Nathan 3, 7 ; Birké Yossef Ora’h ‘Hayim 235 ; Responsa ‘Hayim Chaal du ‘Hida, Vol. 2, 25 ; Igueroth Kodèche Vol. 13, p. 241 ; ‘Hikré Minhaguim p. 240.

Sources