QU’EST-CE QUE LA MATSA CHEROUYA ?
Le Tossaphiste Rabbi Éli’ézer Bar Nathan (le Raavan) est d’avis qu’une Matsa peut être sans problème trempée ou cuite. Une fois sortie du four, elle ne peut plus en effet lever (il est vrai, ajoute-t-il, que certains ont l’habitude de ne pas tremper leur Matsa le soir du Séder. La raison n’est cependant pas liée au ‘Hamets, mais au fait que la Matsa du Séder doit avoir un goût de Matsa !).
Admour Hazakène explique toutefois dans ses Responsa1, qu’il est à craindre qu’il reste un peu de farine sur la Matsa ; surtout si le pétrissage n’a pas été correctement effectué. Il rajoute d’ailleurs que l’on observe fréquemment ce phénomène ; surtout “ces dernières générations où s’est propagée l’habitude de pétrir la pâte de la Matsa très rapidement”2.
Le Ya’avets, au nom de son père le ‘Hakham Tsvi, repousse cette ‘Houmra. Le Gaon de Vilna, lui aussi, trempait ses Matsoth lors de Pessa’h3. C’est aussi l’habitude des communautés Sepharades.
Le Cha’aré Techouva4 se penche sérieusement sur ce problème et en analyse longuement les différents aspects. Quoique son avis soit de permettre la Matsa “Cherouya”, il conclut qu’on ne peut en aucun cas repousser ce Minhag en prétendant la “Yohara” (l’orgueil).
Le ‘Hafets ‘Hayim était personnellement très scrupuleux quant au Minhag de ne pas consommer la Matsa Cherouya5 ; les ‘Hassidim, et en particulier les ‘Hassidé ‘Habad, eux aussi.
Le Rabbi, dans sa Haggada de Pessa’h6, exige de vérifier, avant de verset un liquide dans son assiette ou dans son verre, que ceux-ci ne contiennent pas de miette de Matsa.
Admour Harachab ne trempait la Matsa que dans du vin ou du lait “surveillé” sans aucun mélange avec de l’eau7-8.
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1. Responsa 6, Choul’hane ‘Aroukh Admour p. 1787.
2. Rappelons que, d’après la Halakha, la pâte ne peut lever tant qu’on la pétrit. On pourrait, théoriquement, la pétrir des heures durant, avant de cuire les Matsoth. – Voir Choul’hane ‘Aroukh 459, 2 et Choul’hane ‘Aroukh Admour 459, 9).
3. Ma’assé Rav 187.
4. Cha’aré Techouva 460, 10.
5. Mikraè Kodèche p. 349.
6. Haggada de Pessa’h p. 37 et 56.
7. Otsar Minhagué ‘Habad, p. 46.
8. Voir encore : Ye’havè Da’ath Vol. 1, 21 ; Yagdil Torah Yerouchalayim Vol. 14, p. 85 ; Ta’amé Haminhaguim p. 239.