COMMENT DOIT-ON CONSOMMER LES FRUITS DE CHEVI’ITH ? (1ière partie)
Nous avons déjà mentionné le fait que les fruits provenant du champ d’un Juif en Èrets Israël l’année de Chemita, possèdent une certaine sainteté (ce n’est pas le cas des fruits d’un champ vendu en vertu du “Héter Mekhira”, d’après certains des Rabbanim permettant ce procédé).
Un des aspects de cette sainteté consiste en une interdiction de “gâcher” ces fruits1 : un fruit habituellement mangé cru ne sera pas mangé cuit ni vice-versa. On ne donnera pas un fruit consommé en général par l’homme, à une bête.
Eu règle générale, on pourra tirer profit de ces fruits autrement qu’en les mangeant :
1) s’ils sont destinés à l’usage que 1’on veut en faire.
2) si d’autre part, les fruits sont rendus inconsommables avant leur utilisation : on pourra par exemple utiliser de l’huile de Chevi’ith pour allumer les Néroth de Chabbath ou comme onction (si cela est son usage) ; ou encore dans certains cas, comme colorant ; mais l’on ne pourra se chauffer à l’aide de fruits de Chevi’ith, les fruits n’étant alors “effectifs” qu’après leur transformation en braises !2.
Notons qu’il existe des discussions Hala’hiques à savoir s’il est interdit de gâcher des Sefi’him3.
De l’interdiction de “gacher” des fruits de Chevi’ith découlent de nombreuses Halakhoth :
On ne cueillera pas des fruits de Chevi’ith avant qu’ils ne soient arrivés à l’état de maturité correspondant à leur consommation.
On laissera les écorces, épluchures etc. pourrir jusqu’a ce qu’elles ne soient plus aptes à la consommation animale. On les déposera dans un récipient réservé à cet usage ; les écorces de chaque jour étant enveloppées de sachets distincts, de sorte que celles de la veille ne viennent accélérer leur décomposition. On jettera les sachets après pourrissement uniquement4. (Suite la semaine prochaine, בע »ה).
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1. Voir Pessa’him, 52 b.
2. Voir Soucca 40a ; Rambam Hilkhoth Chemita Veyovel Chap. 5.
3. Voir Chouth Har Tsevi – Zera’ïm Vol. 2, p. 130-131 ; Min’hath Chelomo Vol 1. 51, 11 ; Az Nidberou Vol. 10, p. 109 et 112.
4. Michpeté Èrets p. 173.