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PEUT-ON PREPARER UNE INFUSION DANS UN “KELI CHENI1” ?
La Michna2 mentionne certains poissons, dont la cuisson est simple et rapide, au point où verser sur eux de l’eau chaude suffira à les rendre consommables. Si certains Richonim3 comprennent que seule de l’eau chaude versée d’un “Keli Richone”4 sera apte à les cuire, d’autres5 (suivis par les décisionnaires, notamment le Choul’hane ‘Aroukh6) expliquent que c’est aussi le cas pour de l’eau chaude versée d’un “Keli Chéni” et interdisent par conséquent le Chabbath de verser une telle eau sur ces poissons. D’après cet avis, on ne pourra a fortiori pas déposer de tels poissons dans un “Keli Chéni” contenant de l’eau chaude.
Rabbi Èli’ézer de Metz7 soulève le problème suivant : nous ne savons pas distinguer les aliments dont la cuisson est simple (tels les poissons mentionnés par la Michna), des autres aliments. Par conséquent, à son avis, on interdira de déposer tout aliment dans un “Keli Chéni” dont l’eau est encore chaude.
En règle générale, les décisionnaires Achkenazes8 (/’Habad9) suivent cet avis, renforcé par l’un des avis rapportés par les Tossafoth10, selon lequel on n’ajoutera aucun aliment non précuit d’un “Keli Chéni”11, cet ajout ressemblant à une cuisson12. On ne permettra que l’ajout, dans un “Keli Chéni”, d’eau, d’huile et de certains13 épices14.
Les décisionnaires Sefarades15, pour leur part, n’interdisent que la “cuisson”, dans un “Keli Chéni”, d’aliments connus pour être facilement cuits, tels œufs crus, feuilles de plante etc.
On préparera par conséquent de toute façon ces infusions dans un “Keli Chelichi”.

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1. Tel un verre dans lequel on a versé de l’eau d’un ustensile précédemment posé sur la plaque.
2. Chabbath 145b.
3. Tel le Tossafiste Rabbi Chemouel ben Méir (petit-fils de Rachi et frère aîné et maître de Rabbénou Tam) – voir Tossafoth Chabbath 39a, à l’en-tête “Aval”.
4. Ustensile dans lequel (ici) l’eau a été chauffée.
5. Entre autres : Rabbénou Tam et Rabbénou Yits’hak – Tossafoth Chabbath 39a, à l’en-tête “Col” ; tous deux d’avis que verser de l’eau d’un “Keli Richone” sur tout aliment cru suffira à le cuire (au sens halakhique du terme). D’après Rabbénou Tam : superficiellement (voir Tossafoth Zeva’him 95b).
6. Voir Choul’hane ‘Aroukh Ora’h ‘Hayim 318, 5 et 10.
7. Tossafiste, élève de Rabbénou Tam, dans son “Séfer Yeréïm”.
8. Taz 318, 18 ; Michna Beroura 318, 39 et 45.
9. Choul’hane ‘Aroukh Admour 318, 12.
10. Chabbath 39a Idem.
11. Voir Chemirath Chabbath Kehilkhatah chap. 1, 57.
12. Voir Maguen Avraham 318, 15 et 19.
13. Voir détails dans Chabbath Kahalakha p. 46-55.
14. Ajouts clairement autorisés par le Talmud.
15. Yalkout Yossef Chabbath Vol. 3, p. 194 ; Menou’hath Ahava Vol. 2, p. 330.

Sources